Leha éditions

    L’autre jour, un libraire avait organisé une mini-conférence avec les éditions Leha. Rien de bien ambitieux, rien de prétentieux, c’était davantage une séance de dédicaces améliorée qu’une conférence au rabais. L’idée était bonne, je pense, de la part d’un éditeur de moins de cinq ans d’âge, connu de personne ou presque.

    Au départ, j’étais venu par politesse plus que par curiosité, je dois l’avouer, même si la deuxième raison était assez valable pour servir d’alibi moral. Ainsi, j’étais triste pour les trois présentateurs qui avaient rassemblé moins du double d’auditeurs.

    Et puis des éditeurs, il y en a tant. Pourquoi celle-ci serait-elle meilleure ? Pourquoi aurait-elle plus de chances que les autres de réussir ? Qu’est-ce qui pourrait justifier que je m’y intéresse, que ce soit en tant que lecteur ou en tant que romancier ?

    Bref, pourquoi est-ce que je me fatigue à écrire cet article sans être payé pour le faire ? Et pourquoi avoir écrit celui sur l’Atalante juste avant ?

    Vous le saurez au prochain épisode…

    Ou pas.

    Trois présentateurs, dont un auteur, Philippe Teissier, le patron, et un troisième larron qui ne s’est pas vraiment présenté, et qui joue le rôle du journaliste. Il apparaît rapidement une grande différence avec trop de maisons d’édition que j’ai croisées. Le patron n’est pas un auteur en mal d’être publié qui compterait utiliser sa maison pour se mettre en valeur et vendre ses livres sans être catalogué dans l’autoédition. Il s’agit d’un professionnel de la communication connaissant bien le milieu du journalisme. Au-delà de la présentation initiale, cela se sent dans sa façon de parler, dans les ficelles utilisées, dans les prises de position. Cela m’a parfois amusé, mais je dois admettre qu’il est rassurant d’avoir en face de soi un vrai pro.

    Autres différences, avec d’autres maisons, celle-ci n’est clairement pas dans la production de masse, ni dans la bit-lit, ni dans la traduction à outrance d’oeuvres éprouvées et déjà rentabilisées outre-Atlantique. Et il s’agit bien sûr d’un vrai éditeur, pas d’un escroc déguisant du compte d’auteur. Il parle avance et pourcentage.

    Nous pouvons aller voir chez eux, en tant que lecteurs, parce qu’ils ont des prétentions de qualité, parce qu’ils ont un positionnement de marché qui nous plaît (en l’occurrence de la littérature de l’imaginaire avec des idées dedans et, de préférence, sortant des sentiers battus), parce qu’ils publient aussi des JdR, et des guides de mondes imaginaires.

    Nous pouvons aller voir chez eux, en tant que romancier, parce qu’ils paient, parce qu’ils savent se vendre, parce qu’ils prétendent aider les auteurs avec des conseils, parce que leurs exigences de qualité sont autant de lauriers à porter, parce qu’ils désirent donner de belles lettres à un genre que nous aimons bien, et qu’il se pourrait qu’ils en aient les moyens.

    Je les ai quittés avec deux livres dédicacés dans le sac, que j’espère avoir le temps de lire dans un délai raisonnable – ma pile de livres à lire est bien épaisse – mais dont je peux dire deux choses, déjà. Premièrement, il m’a été bien vendu. Deuxièmement, les échantillons que j’ai lus m’ont laissé entrevoir une qualité d’écriture prometteuse.

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L’Atalante

     Je me souviens encore de l’odeur particulière de la partie de bibliothèque où, quand j’étais enfant, étaient rangés les rares livres de l’Atalante. Leur format particulier, les douces couleurs d’aquarelle des illustrations de couverture, et la texture agréable de ces mêmes couvertures, avaient un charme indéniable qui me projetait rapidement dans des univers ouatés et flous, aux visions variables, mais indéniablement agréables.

     Un peu plus tard, quand j’ai eu un peu d’argent et que j’ai voulu m’en procurer, c’est le prix que j’ai trouvé bien moins sympathique.

     Il est des produits particuliers pour lesquels l’étiquette est partie de la valeur. Ce sont les produits de luxe. Inconsciemment sensible à cette loi qui ne m’avait pas demandé mon avis pour exister, je comparais immédiatement ces éditions à La Pléiade, aux couvertures bien plus austères, aux prix bien plus dissuasifs, et à la réputation sans conteste bien plus respectable.

     Bref, j’aime bien les livres de l’Atalante quand ils sont dans ce format qui a imprégné ma mémoire.

     Ceci étant dit, si nous parlions contenu ?

     Cette maison d’édition a la réputation de découvreurs de talents, mais surtout d’être la maison de référence pour la SF et le merveilleux de qualité. Elle a publié Moorcock, et on va essayer de leur pardonner la traduction d’alors. On a tous fait des erreurs de jeunesse. Elle a surtout publié Pierre Bordage, Terry Pratchett, Orson Scott Card, Glen Cook, et tant d’autres. On peut ne pas tous les aimer, mais ce sont tous d’excellents auteurs.

     Depuis les années quatre-vingt, l’Atalante, comme l’héroïne du même nom, court et se bat contre les monstres, portant son idéal, traçant son chemin, préservant sa virginité. Elle montre, ainsi, que la SF et la Fantasy ne sont pas que des histoires pour gamins – et qui donnerait à lire « La rose noire » à un gamin ? – que ces genres disposent aussi de grands auteurs qui méritent des tirages de qualité.

     Longue vie à l’Atalante.

Lectures d’auteurs

 

     On demande souvent aux artistes quelles sont les œuvres qui les ont marqués, quelles sont celles qui les ont influencés.

     Ne le cachons pas, parler de soi a un côté agréable et, quand on peut en plus défendre ce que l’on aime, on a du mal à s’en priver. Seulement, de telles questions sont à la fois difficiles et dangereuses. Difficiles parce qu’il est loin d’être évident de choisir à chaud quelques œuvres dans toutes celles que l’on a aimées comme étant les plus importantes dans sa vie. Difficiles, parce que l’influence que tel ou tel roman a eu sur notre style est complexe – surtout quand les autres nous ont trouvé des similitudes avec des œuvres que nous n’avons pas lues ! Dangereuses, parce que si nous ne répondons pas, si nous disons que nous ne savons pas, nous passons pour des timides, des asociaux ou des blaireaux… et si nous répondons, inévitablement nous sommes étiquetés, catalogués, davantage aimés par ceux qui adorent les œuvres citées, et potentiellement fuis par ceux qui les détestent.

     Dans l’état actuel des choses, je préfère passer pour un asocial que de me faire étiqueter à tort et à travers.

     Je ne compte donc pas répondre à ces questions-là sur ce blog. Je vais par contre, à l’occasion, parler d’œuvres que j’ai aimées. Ce ne seront pas nécessairement mes préférées, ni celles qui m’auront influencé, juste des œuvres que j’ai appréciées. Mon but n’est pas de parler de moi, mais de parler d’œuvres intéressantes

 

L’art à l’école

Une réponse à nos amis d’Orbesonge, qui, de temps en temps, donnent à réfléchir sur un thème en montrant la diversité, et la richesse, de leurs points de vues.

Le thème du jour: l’art à l’école.

Avec des programmes qui changent tous les quatre ans, parler de son expérience scolaire dans le domaine est obsolète avant même que l’on ait fini les études. Ceci dit, à chaud, comme ça, je vois trois objectifs à l’étude des arts, et donc trois enseignements différents, qui ont été plus ou moins bien traités selon les époques. La pratique de l’art permet de développer ses capacités psychomotrices et cognitives. L’éveil à l’art permet de développer ses sens, de s’interroger sur le monde, de décoder les messages des artistes. La connaissance de l’histoire de l’art permet de parler un langage commun avec des gens qui se permettent de sélectionner leur entourage sur la Culture plutôt que sur ce qu’ils ont à apporter au monde. La formation de professionnels de l’art n’est pas explicitement dans cette liste, parce que, par défaut, nous parlons du primaire et du secondaire non professionnels. Les filières professionnalisantes en musique, sport, danse et autres dessins ont naturellement des enseignements bien plus adaptés à la formation de réels professionnels.

Les vitrines de Belphégor

Chers lecteurs, chers passants,

Ce site est actuellement une simple vitrine, une boite aux lettres sans prétentions. Mes publications sont, de fait, sur deux sites : DeviantArt et FictionPress.

Sur DeviantArt, je publie quelques photos, des histoires courtes et des billets d’humeur.

Sur FictionPress, je ne publie que des histoires courtes et, à l’occasion, un poème.

Vous êtes cordialement invités à visiter l’un ou l’autre, à y laisser des commentaires, ou, si l’un comme l’autre vous donne des boutons, à m’en faire part, peut-être en me suggérant un autre moyen de publication.

Belphégor de l’ESIP